Le Conseil supérieur de l’emploi (CSE), composé d'experts des autorités fédérales, des Régions et du monde universitaire, a publié son rapport sur l'état du marché du travail en Belgique. Ce document met en lumière une croissance de l'emploi modeste, inférieure à la moyenne de long terme, et souligne l'importance de la mobilité accrue entre les secteurs pour faire face aux transformations liées à l'intelligence artificielle, à la numérisation, à la transition bas carbone et au vieillissement de la population. L'adaptation des politiques de l'emploi, de la formation continue et du soutien à la mobilité professionnelle est jugée essentielle.
L'économie belge devrait connaître une croissance de 0,6 % en 2026, une prévision plus faible que celle de 1,1 % en 2025, dans un contexte de tensions géopolitiques et de hausse des prix de l'énergie. L'emploi a progressé de 0,4 % en 2025, principalement dans les services, tandis que l'industrie et la construction continuent de perdre des postes. Le taux d'emploi des 20-64 ans atteint 72,8 %, loin de l'objectif de 80 % pour 2030, avec des disparités régionales notables : 77,3 % en Flandre, 67,9 % en Wallonie et 63,9 % à Bruxelles. Le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté d'environ 30 000 personnes en 2025, portant le taux de chômage à 6,2 %, projeté à 6,6 % en 2026.
Trois réformes majeures impactent le marché du travail : la réforme des pensions, les nouvelles mesures pour les personnes en longue maladie et la réforme du chômage. Cette dernière limite la durée des allocations à deux ans maximum, en fonction du passé professionnel, affectant plus de 200 000 personnes. Pour les jeunes, la durée des allocations d'insertion est réduite d'un an, et les jeunes sans certificat d'enseignement secondaire supérieur ne pourront plus en bénéficier. Les premiers résultats sur le retour à l'emploi des personnes concernées par ces réformes sont encore provisoires.
Le CSE identifie quatre priorités pour répondre aux mutations structurelles : augmenter la participation au marché du travail (jeunes, travailleurs expérimentés, immigrés, personnes handicapées, femmes), adapter les compétences aux transformations économiques via l'enseignement et la formation continue, faciliter les transitions professionnelles en levant les obstacles à la mobilité et en renforçant la coopération entre services régionaux, et enfin, renforcer l'évaluation des politiques publiques et l'exploitation des données administratives pour la recherche.




