Permis de bâtir en baisse, la construction résiste : le paradoxe belge expliqué

Malgré le recul des permis de bâtir depuis 2022, le secteur de la construction belge maintient une activité solide grâce aux rénovations et aux investissements non résidentiels.

Image générique de la façade d'un immeuble de bureaux moderne en Belgique, avec de grandes fenêtres reflétant un ciel couvert. Style photographie documentaire.
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Image générique de la façade d'un immeuble de bureaux moderne en Belgique, avec de grandes fenêtres reflétant un ciel couvert. Style photographie documentaire.

Alors que les permis de bâtir diminuent continuellement depuis 2022, le secteur de la construction en Belgique maintient une activité économique relativement solide, un paradoxe expliqué par la diversification des investissements immobiliers.

Le nombre de permis de bâtir en Belgique recule presque continuellement depuis 2022, mais l'activité économique du secteur de la construction reste relativement solide. Cette apparente contradiction s'explique par une vue plus large du secteur, où construire ne se limite pas à bâtir de nouveaux logements. Avec près de 33 milliards d'euros de valeur ajoutée brute en 2025, la construction représente 5,5 % de la valeur ajoutée totale de l'économie belge, rassemblant plus de 174 000 entreprises et près de 292 000 emplois.
Le poids du secteur dans l'économie belge s'est renforcé ces dernières années. Malgré un parcours en dents de scie, la forte hausse des prix de l'énergie et des matières premières depuis 2022 a freiné l'activité réelle, mais un redressement s'est amorcé depuis 2024, avec une croissance réelle supérieure à celle de l'économie globale.
Les statistiques de permis de bâtir, bien qu'utiles pour anticiper l'évolution immobilière, ne racontent qu'une partie de l'histoire. Plusieurs mois peuvent s'écouler entre l'octroi d'un permis et l'achèvement des travaux. Le recul des permis depuis 2022 se reflète dans la création de nouveaux logements, mais pas dans l'activité globale du secteur. En effet, les rénovations, transformations de bâtiments existants, ainsi que les investissements des entreprises et des pouvoirs publics dans les bâtiments non résidentiels et les infrastructures publiques ont davantage progressé que ceux consacrés aux nouveaux logements.
La composition de l'investissement immobilier s'est modifiée : la part des ménages est passée de 48,9 % en 2022 à 42,4 % en 2025. Les ménages ont continué à investir dans la rénovation et la transformation, notamment pour réduire leur consommation d'énergie face à la hausse des prix. Parallèlement, les entreprises et pouvoirs publics ont accru leurs investissements, répondant aux défis énergétiques et stratégiques, y compris dans le secteur de la défense.
Sur 100 euros investis dans l'immobilier, environ 26 euros correspondent à d'autres biens, services ou taxes. Les 74 euros restants constituent la valeur ajoutée liée à la production immobilière. Moins de la moitié de cet investissement (44,1 % en 2022, 47,1 % en 2025) est captée par les entreprises de construction, principalement celles actives dans les travaux d'installation électrique, de plomberie, ainsi que les promoteurs et entreprises générales. Le reste alimente d'autres secteurs économiques.
L'incertitude, comme l'a montré la pandémie et la crise énergétique, peut aussi stimuler l'investissement. Les ménages se sont tournés vers l'immobilier pour réduire leur consommation d'énergie, tandis que les enjeux stratégiques ont renforcé les investissements publics, notamment dans la défense, répondant à une recherche de sécurité et de résilience. Les permis de bâtir restent un indicateur précieux pour les nouveaux logements, mais une vision complète nécessite de considérer toutes les formes d'investissement immobilier et les multiples acteurs économiques.
Information rédigée à partir de la source officielle : Banque nationale de Belgique (BNB) (02/11/2026)