Le canal, considéré comme un « axe économique stratégique » par Jan De Brabanter, vice-président de la Communauté Portuaire Bruxelloise (CPB), est au centre des discussions visant à relancer l'industrie à Bruxelles. Lors d'un colloque organisé sur le site de Solvay, les participants ont exploré comment cet écosystème, incluant logistique, construction, recyclage et économie circulaire, peut bénéficier des connexions européennes offertes par la voie d'eau, tout en réduisant la dépendance au transport routier.
Lisa Isnard, secrétaire générale de Beci, a souligné l'urgence d'agir face à certaines entreprises qui délocalisent leurs activités. Le plan de soutien « Ernest » vise à mutualiser les ressources et les flux au sein des sites industriels, comme au Centre TIR du Port, favorisant ainsi la création de nouvelles chaînes de valeur par la proximité. Elle a insisté sur la nécessité de préserver les terrains industriels et portuaires face à la pression du logement et des équipements collectifs.
Le « pack de compétitivité », proposé par Beci, pourrait offrir une réduction de 25 % du précompte professionnel pour les entreprises investissant à Bruxelles et créant des emplois locaux. La CPB demande l'extension de cet avantage à toutes les zones industrielles et portuaires pour signaler clairement l'accueil de l'industrie dans la Région.
Pieter-Jan Indemans de Ceres et Sven De Meuter, CEO de De Meuter Recycling, ont rappelé que la disponibilité du foncier, l'accessibilité, les coûts, l'énergie et la réglementation sont des facteurs cruciaux influençant les décisions d'investissement à long terme.
Le ministre bruxellois chargé de l'Emploi, de l'Économie et de l'Économie numérique, Laurent Hublet, constate un décrochage économique de Bruxelles ces vingt dernières années et appelle à un redéploiement. Il met en avant les atouts de la ville : sa localisation stratégique, des terrains disponibles et une population jeune. La réindustrialisation doit diversifier l'économie et les emplois, passant d'une logique de subsides à une logique de compétitivité, notamment via le pacte de compétitivité et les zones d'accélération économique.
Laurent Hublet insiste sur une vision à 25 ans, considérant le canal et le rail comme des atouts structurants pour connecter les zones d'activités aux réseaux européens. La multimodalité (eau, rail, route) doit être optimisée en fonction des flux.
Audrey Henry, secrétaire d'État bruxelloise à l'Urbanisme, priorise la prévisibilité administrative pour les projets d'investissement. La révision du PRAS (Plan Régional d'Affectation des Sols) de 2001 vise une lecture plus claire du territoire, et elle déconseille la mixité systématique dans les zones purement industrielles. La simplification des permis et l'extension du pacte de compétitivité aux zones industrielles et portuaires sont également soulignées.
Laurent Schiltz d'Embuild.Brussels, Damien Moulin de CCB, et Bert Calluy, General Counsel de Van Moer Logistics, ont ramené le débat aux réalités opérationnelles. Le canal est essentiel pour l'acheminement des matériaux, offrant une alternative à la route. L'équation économique du report modal et la compétitivité de la voie d'eau sont des enjeux majeurs pour les décisions d'investissement.
Alphonse Stevens, président de la CPB, a appelé à transformer les constats en perspectives concrètes. La renaissance industrielle concerne l'alimentaire, les matériaux, le recyclage, la logistique et l'économie circulaire. Bruxelles dispose d'atouts tels que sa voie d'eau, le rail, son savoir-faire et sa position de ville-carrefour, le canal pouvant être un fil conducteur pour le développement économique, l'emploi et la transformation urbaine.




